« La Richesse d’une Grand-Mère »

La grand-mère Marie et le grand-père Jean étaient assis à une petite table de cuisine.Simplement. En silence.Sur la table — un gâteau fait maison, deux tasses de thé et une seule bougie allumée.Aujourd’hui, c’était l’anniversaire de Marie.— Eh bien… encore une année de plus, — sourit-elle en ajustant la nappe.— L’essentiel, c’est que nous soyons ensemble, — répondit Jean en lui prenant la main.Dehors, la nuit tombait lentement.Dans l’appartement régnait ce silence familier, celui qui arrive avec les années.Ils n’attendaient personne. Les enfants étaient occupés, les petits-enfants loin.Du moins, c’est ce qu’ils pensaient.Soudain…On frappa à la porte.Marie sursauta.— Tu attends quelqu’un ? — demanda-t-elle doucement.— Non… — répondit Jean, surpris.Les coups se répétèrent. Plus forts. Plus joyeux.Jean se leva lentement et s’approcha de la porte.Il l’ouvrit.Et en un instant, l’appartement se remplit de lumière, de rires et de voix.— JOYEUX ANNIVERSAIRE, MAMIE !!!Dans l’entrée se tenaient leurs petits-enfants.Et derrière eux — leurs enfants.Dans leurs mains : des ballons colorés, des fleurs, des sacs remplis de cadeaux, un gâteau… et de grands sourires.— On s’est dit que tu n’avais pas le droit de fêter ça sans nous ! — lança Lucas, en riant.— Surprise ! — crièrent les enfants en entrant en courant.Marie resta figée.Puis elle porta sa main à sa bouche.Ses yeux se remplirent de larmes.— Vous… vous êtes tous venus ?… — murmura-t-elle.Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase.Les larmes coulèrent sur ses joues. Des larmes vraies. Chaudes.— Je croyais… — sa voix trembla, — je croyais que vous aviez oublié…Les petits-enfants l’entourèrent.Quelqu’un l’enlaça.Quelqu’un s’agenouilla devant elle.Une petite fille lui tendit un ballon :— C’est pour toi, arrière-grand-mère. Pour que tu ne pleures pas.Mais Marie pleura encore plus fort.De bonheur.Jean se tenait à côté, essuyant ses yeux du revers de la manche.Il ne disait rien.Mais à cet instant, il comprit que leur vie n’avait pas été vécue en vain.L’appartement se remplit de rires, de pas, de voix d’enfants.La table se couvrit de cadeaux.Et le cœur de Marie — de gratitude.Ce jour-là, elle ne pleurait pas parce qu’elle vieillissait.Mais parce qu’elle était véritablement riche.

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