{"id":2856,"date":"2026-08-20T22:59:37","date_gmt":"2026-08-20T19:59:37","guid":{"rendered":"https:\/\/storyforyou.fun\/?p=2856"},"modified":"2026-08-20T22:59:37","modified_gmt":"2026-08-20T19:59:37","slug":"il-chassa-sa-propre-femme-de-son-bureau-pour-proteger-son-image-sans-savoir-quelle-etait-la-fille-du-patron-qui-allait-detruire-sa-carriere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/storyforyou.fun\/?p=2856","title":{"rendered":"\u00abIl chassa sa propre femme de son bureau pour prot\u00e9ger son image\u2026 sans savoir qu\u2019elle \u00e9tait la fille du patron qui allait d\u00e9truire sa carri\u00e8re\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-video\"><video height=\"1280\" style=\"aspect-ratio: 718 \/ 1280;\" width=\"718\" controls poster=\"http:\/\/storyforyou.fun\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/IMG_20260820_235818_054.jpg\" src=\"https:\/\/storyforyou.fun\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/42544.mp4\"><\/video><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019immeuble de verre et d\u2019acier du groupe Vaneau s&#8217;\u00e9levait au-dessus du quartier d&#8217;affaires comme un monument d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l&#8217;ambition pure, un sanctuaire o\u00f9 chaque vitre teint\u00e9e semblait filtrer la vuln\u00e9rabilit\u00e9 humaine pour ne laisser entrer que la r\u00e9ussite. Au trente-deuxi\u00e8me \u00e9tage, dans un bureau d&#8217;angle baign\u00e9 par la lumi\u00e8re froide d&#8217;un apr\u00e8s-midi d&#8217;automne, Julien rajustait la manche de sa veste en laine peign\u00e9e avant de poser les doigts sur son clavier. \u00c0 trente-cinq ans, il incarnait \u00e0 la perfection l&#8217;image du cadre montant : une coupe de cheveux millim\u00e9tr\u00e9e, une montre automatique au poignet dont le reflet m\u00e9tallique accrochait les n\u00e9ons tamis\u00e9s, et ce regard per\u00e7ant, constamment tourn\u00e9 vers le sommet de la pyramide entreprise. Pour Julien, la vie \u00e9tait un \u00e9chiquier o\u00f9 chaque mouvement devait \u00eatre calcul\u00e9, chaque association pes\u00e9e en termes de valeur ajout\u00e9e, et chaque faiblesse soigneusement dissimul\u00e9e sous des costumes sur mesure.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le silence de la pi\u00e8ce n&#8217;\u00e9tait interrompu que par le cr\u00e9pitement rythm\u00e9 de ses doigts sur les touches et le ronronnement imperceptible de la climatisation centralis\u00e9e. Les immenses baies vitr\u00e9es offraient une vue panoramique sur la ville brumeuse, renfor\u00e7ant cette sensation de puissance absolue qu&#8217;il ch\u00e9rissait tant. Tout \u00e9tait sous contr\u00f4le, parfaitement align\u00e9 avec ses objectifs de carri\u00e8re, jusqu&#8217;au moment exact o\u00f9 un bruit sourd et inhabituel brisa l&#8217;atmosph\u00e8re feutr\u00e9e du sanctuaire. La lourde porte en ch\u00eane massif s&#8217;ouvrit avec une brutalit\u00e9 qui tranchait violemment avec la retenue habituelle des lieux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Julien se retourna d&#8217;un bond, le visage crisp\u00e9 par une irritation imm\u00e9diate, pr\u00eat \u00e0 r\u00e9primer un subalterne pour ce manque flagrant de protocole. Mais les mots rest\u00e8rent bloqu\u00e9s dans sa gorge. Sur le seuil de son bureau, respirant difficilement, se tenait \u00c9lise. Elle portait un manteau beige d\u00e9fra\u00eechi qui contrastait cruellement avec le luxe st\u00e9rile de la pi\u00e8ce. Ses traits \u00e9taient marqu\u00e9s par une fatigue extr\u00eame, de sombres cernes creusaient son visage p\u00e2le, et ses cheveux sombres \u00e9taient tir\u00e9s en un chignon \u00e0 la h\u00e2te. Dans ses bras, envelopp\u00e9s dans de simples couvertures de coton blanc, reposaient deux nouveau-n\u00e9s dont la fragilit\u00e9 semblait presque irr\u00e9elle au milieu de ce d\u00e9cor de finance et d&#8217;acier. \u00c9lise tremblait l\u00e9g\u00e8rement, le souffle court, les yeux inject\u00e9s de sang par des nuits sans sommeil et une d\u00e9tresse manifestement pouss\u00e9e \u00e0 son paroxysme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La surprise de Julien se transforma en une fraction de seconde en une rage froide et paniqu\u00e9e. Il jeta un coup d&#8217;\u0153il instinctif vers le couloir transparent, terrifi\u00e9 \u00e0 l&#8217;id\u00e9e qu&#8217;un coll\u00e8gue ou un sup\u00e9rieur puisse apercevoir cette sc\u00e8ne qui brisait net la fa\u00e7ade de perfection qu&#8217;il construisait depuis des ann\u00e9es. Son visage se contracta, perdant toute trace de politesse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Qu\u2019est-ce que tu fais ici ? Pars imm\u00e9diatement ! \u00bb lan\u00e7a-t-il d&#8217;une voix s\u00e8che, sifflante, coupante comme une lame de rasoir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sans attendre sa r\u00e9ponse, Julien se leva brusquement de son fauteuil en cuir, faisant rouler le si\u00e8ge en arri\u00e8re. Il traversa la pi\u00e8ce \u00e0 grandes enjamb\u00e9es, s&#8217;approcha d&#8217;\u00c9lise et lui saisit fermement le bras, sa main de fer s&#8217;enfon\u00e7ant dans le tissu de son manteau pour la pousser vers la sortie avec une brutalit\u00e9 contenue. Il se pencha vers elle, son visage \u00e0 quelques centim\u00e8tres du sien, l&#8217;\u0153il inject\u00e9 de col\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Tu es en train de ruiner mon image ! Sors de mon bureau ! \u00bb murmura-t-il d&#8217;un ton venimeux, crachant presque chaque syllabe pour \u00e9touffer le son de sa voix.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c9lise ne cria pas. Elle ne tenta pas de se d\u00e9faire de son emprise par la force. Elle baissa simplement les yeux, \u00e9cras\u00e9e par le poids de cette humiliation suppl\u00e9mentaire, et resserra instinctivement ses bras autour des deux nourrissons pour les prot\u00e9ger de la rigidit\u00e9 du p\u00e8re qui les reniait. Ses l\u00e8vres tremblaient, et elle dut faire un effort surhumain pour retenir les larmes qui br\u00fblaient ses paupi\u00e8res. Elle \u00e9tait venue chercher un geste d&#8217;humanit\u00e9, une lueur d&#8217;espoir ou simplement le soutien financier et moral auquel ses enfants avaient droit, mais elle ne rencontrait qu&#8217;un mur de pierre taill\u00e9 dans la vanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alors que Julien accentuait sa pression pour la pousser hors de l&#8217;espace de travail, le battant de la porte s&#8217;\u00e9cart\u00e2t de nouveau, glissant cette fois sans le moindre bruit superflu sur ses gonds parfaitement huil\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un homme entra.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le silence s&#8217;abattit instantan\u00e9ment sur la pi\u00e8ce, lourd, \u00e9pais, suffocant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;homme qui venait de franchir le seuil d\u00e9passait la soixantaine, mais sa posture droite et son allure imposante lui donnaient la prestance d&#8217;un monarque absolu. V\u00eatu d&#8217;un costume trois pi\u00e8ces d&#8217;une coupe irr\u00e9prochable, les cheveux gris parfaitement sculpt\u00e9s, il d\u00e9gageait une autorit\u00e9 naturelle qui n&#8217;avait nul besoin d&#8217;\u00e9lever la voix pour se faire ob\u00e9ir. C&#8217;\u00e9tait Arthur Vaneau, le fondateur et directeur g\u00e9n\u00e9ral du groupe, l&#8217;homme dont le nom ornait le sommet de l&#8217;immeuble et devant qui les directeurs de division tremblaient lors des conseils d&#8217;administration.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En apercevant le grand patron, Julien l\u00e2cha le bras d&#8217;\u00c9lise comme s&#8217;il venait de toucher un fer rouge. Son attitude changea du tout au tout en l&#8217;espace d&#8217;une microseconde. L&#8217;agressivit\u00e9 qui d\u00e9figurait ses traits s&#8217;\u00e9vapora pour laisser place \u00e0 un masque de soumission obs\u00e9quieuse. Il se redressa pr\u00e9cipitamment, rajusta le col de sa chemise, afficha un sourire nerveux qui manquait totalement de sinc\u00e9rit\u00e9, et fit trois pas rapides vers le dirigeant en lui tendant une main tremblante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Monsieur le Directeur\u2026 bonjour \u00bb, balbutia Julien, la voix l\u00e9g\u00e8rement alt\u00e9r\u00e9e par une panique qu&#8217;il peinait \u00e0 dissimuler derri\u00e8re sa courtoisie de fa\u00e7ade.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Arthur Vaneau ne jeta pas m\u00eame un regard \u00e0 la main tendue de son employ\u00e9. Ses yeux sombres, per\u00e7ants et charg\u00e9s d&#8217;une exp\u00e9rience centenaire des hommes, pass\u00e8rent au-dessus de l&#8217;\u00e9paule de Julien pour se fixer sur la jeune femme debout pr\u00e8s du seuil. Son regard s&#8217;adoucit imperceptiblement lorsqu&#8217;il d\u00e9tailla le visage \u00e9puis\u00e9 d&#8217;\u00c9lise, puis les deux minuscules b\u00e9b\u00e9s endormis dans la chaleur de ses bras.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Julien, gardant sa main en l&#8217;air pendant un instant d&#8217;une lourdeur insupportable, finit par la rabaisser, le sang lui montant aux joues. Il tenta de formuler une explication banale pour balayer l&#8217;incident, pour faire passer \u00c9lise pour une intruse ou une d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e qui s&#8217;\u00e9tait tromp\u00e9e d&#8217;\u00e9tage, mais avant qu&#8217;il ne puisse \u00e9mettre le moindre son, un murmure brisa le silence absolu du bureau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De grandes larmes silencieuses commenc\u00e8rent \u00e0 couler sur les joues d&#8217;\u00c9lise, tra\u00e7ant des sillons clairs sur son visage fatigu\u00e9. Elle fixait le directeur g\u00e9n\u00e9ral avec un m\u00e9lange d&#8217;angoisse, de honte, mais aussi d&#8217;un profond soulagement retenu depuis des mois. Ses l\u00e8vres se d\u00e9coll\u00e8rent doucement, et d&#8217;une voix bris\u00e9e, tremblante d&#8217;une \u00e9motion contenue depuis trop longtemps, elle laissa \u00e9chapper un seul mot :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Papa\u2026 \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mot r\u00e9sonna dans le bureau avec la force d&#8217;un coup de tonnerre sous un ciel sans nuages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Julien resta totalement fig\u00e9, la bouche entrouverte, comme frapp\u00e9 d&#8217;une paralysie soudaine. Les engrenages de son esprit ambitieux et calculateur se bloqu\u00e8rent brutalement. Il tourna lentement la t\u00eate vers \u00c9lise, puis vers le directeur g\u00e9n\u00e9ral, incapable d&#8217;assimiler la r\u00e9alit\u00e9 de ce qu&#8217;il venait d&#8217;entendre. Cette femme qu&#8217;il avait cach\u00e9e \u00e0 ses coll\u00e8gues, cette compagne qu&#8217;il avait rel\u00e9gu\u00e9e dans l&#8217;ombre au motif qu&#8217;elle ne correspondait pas aux standards sociaux indispensables \u00e0 son ascension, cette m\u00e8re qu&#8217;il venait d&#8217;insulter et de bousculer\u2026 \u00e9tait la fille unique de l&#8217;homme le plus puissant de l&#8217;industrie financi\u00e8re de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant plusieurs secondes d&#8217;une intensit\u00e9 insoutenable, personne ne bougea. Le vent d&#8217;automne venait fouetter les vitres ext\u00e9rieures, mais \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur, l&#8217;air \u00e9tait devenu glac\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Arthur Vaneau tourna lentement son regard vers Julien. L&#8217;expression du vieil homme avait chang\u00e9 ; la surprise initiale avait fait place \u00e0 une froideur spectrale, une d\u00e9ception sans fond doubl\u00e9e d&#8217;un m\u00e9pris absolu. Il jeta un nouveau coup d&#8217;\u0153il \u00e0 sa fille, constatant sa d\u00e9tresse et l&#8217;\u00e9tat d&#8217;\u00e9puisement dans lequel la couardise de Julien l&#8217;avait plong\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Alors\u2026 c\u2019est ton mari ? \u00bb d\u00e9clara le directeur, d&#8217;une voix basse, sourde, pesant chaque terme avec une pr\u00e9cision chirurgicale. \u00ab Celui qui a honte de toi ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c9lise ne r\u00e9pondit pas. Elle n&#8217;avait pas besoin de parler. Elle baissa simplement la t\u00eate, laissant ses larmes tomber sur le tissu de la couverture enveloppant ses enfants. Ce silence valait tous les aveux du monde. Il racontait les mois de m\u00e9pris, les humiliations quotidiennes, les demandes r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de Julien pour qu&#8217;elle reste invisible afin de ne pas g\u00e2cher ses chances de promotion, la honte qu&#8217;il manifestait \u00e0 l&#8217;id\u00e9e d&#8217;associer son nom \u00e0 une femme qui pr\u00e9f\u00e9rait la simplicit\u00e9 aux artifices de la haute soci\u00e9t\u00e9. Ce qu&#8217;il ignorait, par la propre volont\u00e9 d&#8217;\u00c9lise qui avait toujours refus\u00e9 de jouer de son nom pour s\u00e9duire, c&#8217;est qu&#8217;elle avait choisi de vivre modestement, loin du pouvoir de son p\u00e8re, pour \u00e9prouver la sinc\u00e9rit\u00e9 de l&#8217;homme qu&#8217;elle aimait.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;expression d&#8217;Arthur Vaneau se durcit consid\u00e9rablement. Ses traits se f\u00e9t\u00e8rent dans un masque de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 absolue, la marque d&#8217;un homme qui a b\u00e2ti un empire et qui ne tol\u00e8re aucune faille morale chez ceux qui pr\u00e9tendent approcher son cercle. Il refusa d&#8217;accorder \u00e0 Julien la moindre circonstance att\u00e9nuante. Il fit un pas lent et mesur\u00e9 vers le jeune cadre, r\u00e9duisant la distance entre eux jusqu&#8217;\u00e0 ce que son ombre recouvre compl\u00e8tement l&#8217;homme qui se tenait devant lui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Tu ne m\u00e9rites ni ma fille\u2026 ni cette entreprise \u00bb, pronon\u00e7a le directeur d&#8217;une voix ferme, autoritaire, d\u00e9nu\u00e9e du moindre tremblement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La panique s&#8217;empara totalement de Julien. Le ch\u00e2teau de cartes qu&#8217;il avait mis des ann\u00e9es \u00e0 b\u00e2tir s&#8217;effondrait sous ses pieds en une fraction de seconde. Sa carri\u00e8re, ses ambitions, sa r\u00e9putation, son avenir social, tout \u00e9tait en train de partir en fum\u00e9e sous l&#8217;effet de sa propre stupidit\u00e9 et de sa vanit\u00e9 aveugle. Il tenta de faire un geste, de trouver un mensonge, une justification, une excuse bancale pour inverser le cours des \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Monsieur, je\u2026 je peux vous expliquer\u2026 Ce n&#8217;est pas ce que vous pensez, je voulais simplement\u2026 \u00bb b\u00e9gaya-t-il, les mains ouvertes en signe d&#8217;apaisement, les yeux \u00e9carquill\u00e9s par la terreur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Arthur Vaneau leva une main nette pour couper court \u00e0 sa tirade pathetique. Il ne laissa m\u00eame pas Julien terminer sa phrase.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Tu es vir\u00e9 \u00bb, coupa le directeur, sans \u00e9lever la voix, mais avec une certitude absolue qui ne laissait aucune place \u00e0 la n\u00e9gociation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mot resta suspendu dans l&#8217;air, lourd et irr\u00e9vocable. Julien resta la bouche b\u00e9e, le visage vid\u00e9 de toutes ses couleurs, incapable de r\u00e9aliser l&#8217;ampleur du d\u00e9sastre. Il regarda autour de lui, ce bureau luxueux qui devait \u00eatre le th\u00e9\u00e2tre de sa future promotion, ces meubles de prix, cette vue sur la cit\u00e9 qui lui semblait d\u00e9sormais totalement \u00e9trang\u00e8re et inaccessible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le directeur g\u00e9n\u00e9ral ne s&#8217;arr\u00eata pas l\u00e0. D&#8217;un mouvement lent et empreint d&#8217;une dignit\u00e9 royale, il tendit un bras ferme en direction de la porte grande ouverte sur le couloir o\u00f9 quelques employ\u00e9s commen\u00e7aient \u00e0 s&#8217;attrouper \u00e0 distance, attir\u00e9s par la tension perceptible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Ramasse tes affaires et disparais d\u2019ici \u00bb, ordonna le vieil homme, son regard glacial ancr\u00e9 dans celui de son ancien subordonn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Julien resta paralys\u00e9 sur place. L&#8217;humiliation \u00e9tait totale, cuisante, publique. Il sentait le poids de son propre pi\u00e8ge se refermer sur lui : lui qui avait tant sacrifi\u00e9 sur l&#8217;autel de l&#8217;apparence se retrouvait mis \u00e0 nu, r\u00e9duit \u00e0 n\u00e9ant devant la seule personne dont il avait cherch\u00e9 l&#8217;approbation, ruin\u00e9 par l&#8217;orgueil m\u00eame qui devait le porter au sommet. Il tenta de croiser le regard d&#8217;\u00c9lise pour y chercher une lueur de piti\u00e9 ou d&#8217;intervention, mais la jeune femme ne le regardait plus.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Arthur Vaneau se d\u00e9tourna d\u00e9finitivement de l&#8217;homme d\u00e9fait. Il s&#8217;avan\u00e7a doucement vers sa fille, enveloppa ses \u00e9paules d&#8217;un bras protecteur et puissant, et posa une main bienveillante sur le bord de la couverture qui abritait ses petits-enfants. Il se pla\u00e7a comme un rempart in\u00e9branlable entre sa famille retrouv\u00e9e et l&#8217;homme qui l&#8217;avait trahie, marquant ainsi la fronti\u00e8re infranchissable entre la vraie grandeur et la basse ambition.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tandis que le directeur guidait doucement \u00c9lise vers l&#8217;ext\u00e9rieur de la pi\u00e8ce pour l&#8217;\u00e9loigner \u00e0 jamais de ce lieu de m\u00e9pris, la cam\u00e9ra de l&#8217;histoire s&#8217;attarda une derni\u00e8re seconde sur le visage d\u00e9compos\u00e9 de Julien. Debout au milieu de son bureau d\u00e9sert, la veste froiss\u00e9e, les bras ballants, il contemplait l&#8217;ab\u00eeme de sa propre vacuit\u00e9, conscient que dans sa qu\u00eate effr\u00e9n\u00e9e d&#8217;un pouvoir superficiel, il venait de tout perdre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"L\u2019immeuble de verre et d\u2019acier du groupe Vaneau s&#8217;\u00e9levait au-dessus du quartier d&#8217;affaires comme un monument d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l&#8217;ambition pure, un sanctuaire o\u00f9 \n<a class=\"moretag\" href=\"https:\/\/storyforyou.fun\/?p=2856\"> [...]<\/a>","protected":false},"author":1,"featured_media":2859,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-2856","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-1"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2856","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2856"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2856\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2860,"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2856\/revisions\/2860"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2859"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2856"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2856"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2856"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}