{"id":2710,"date":"2026-08-05T17:37:16","date_gmt":"2026-08-05T14:37:16","guid":{"rendered":"https:\/\/storyforyou.fun\/?p=2710"},"modified":"2026-08-05T17:37:16","modified_gmt":"2026-08-05T14:37:16","slug":"elle-croyait-avoir-commis-le-crime-parfait-jusquau-retour-inattendu-de-son-mari","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/storyforyou.fun\/?p=2710","title":{"rendered":"\u00abElle croyait avoir commis le crime parfait\u2026 jusqu&#8217;au retour inattendu de son mari\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le jardin de la propri\u00e9t\u00e9 de la famille Saint-Germain s\u2019\u00e9tendait comme un sanctuaire d\u2019opulence et d\u2019illusion, dissimul\u00e9 derri\u00e8re d\u2019imposantes grilles en fer forg\u00e9 recouvertes de lierre s\u00e9culaire. Ce soir-l\u00e0, l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00e9tendait une moiteur lourde sur la c\u00f4te, une chaleur dense qui incitait les insectes \u00e0 fredonner dans les buissons parfaitement taill\u00e9s, tandis que le ciel se teintait d\u2019un violet profond, presque tragique. Au c\u0153ur de ce cadre idyllique, la piscine \u00e0 d\u00e9bordement scintillait sous les projecteurs immerg\u00e9s, projetant des ondes d\u2019un bleu \u00e9lectrique sur le marbre blanc de la terrasse. L\u2019eau semblait paisible, presque invitante, mais sous sa surface limpide se jouait une trag\u00e9die sourde, pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9e avec une froideur chirurgicale.H\u00e9l\u00e8ne Saint-Germain, la matriarche d\u2019une soixantaine d\u2019ann\u00e9es dont l\u2019\u00e9l\u00e9gance naturelle avait toujours command\u00e9 le respect, se d\u00e9battait furieusement dans le bassin profond. L\u2019eau s\u2019engouffrait dans sa gorge, \u00e9touffant ses appels \u00e0 l\u2019aide en des glouglous d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s. Ses cheveux gris, d\u2019ordinaire coiff\u00e9s en un chignon impeccable, s\u2019\u00e9talaient autour de son visage comme des algues sombres. Elle ne savait pas nager ; une phobie ancestrale l\u2019avait toujours tenue \u00e9loign\u00e9e des grands bassins, une vuln\u00e9rabilit\u00e9 que seule sa famille proche connaissait. Alors qu\u2019elle sentait ses forces l\u2019abandonner, coulant puis remontant dans un instinct de survie primaire, ses yeux rougis par le chlore intercept\u00e8rent une silhouette immobile au bord de l\u2019eau.C\u2019\u00e9tait Lili. La jeune femme de vingt-huit ans tenait une posture d\u2019une immobilit\u00e9 presque sculpturale. Moul\u00e9e dans une robe de soir\u00e9e en soie noire qui \u00e9pousait chacune de ses courbes, elle ressemblait \u00e0 une apparition c\u00e9leste si ce n\u2019\u00e9tait pour la froideur absolue qui \u00e9manait de son regard. Ses talons aiguilles s\u2019enfon\u00e7aient l\u00e9g\u00e8rement dans les joints du carrelage mouill\u00e9. Sur ses l\u00e8vres peintes d\u2019un rouge sombre dessinait un sourire \u00e0 la fois cruel et victorieux, un rictus qu\u2019H\u00e9l\u00e8ne n\u2019avait encore jamais vu sur le visage de celle qu\u2019elle avait accueillie sous son toit comme une fille.Dans un dernier sursaut de volont\u00e9, mouss\u00e9e par la terreur pure, H\u00e9l\u00e8ne parvint \u00e0 frapper l\u2019eau de ses bras engourdis et \u00e0 hisser la partie sup\u00e9rieure de son corps vers le rebord. Ses doigts, tremblants et livides, s\u2019agripp\u00e8rent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 la pierre lisse. L\u2019eau s\u2019\u00e9chappait de sa bouche alors qu\u2019elle parvenait \u00e0 articuler une supplique hach\u00e9e, le corps secou\u00e9 de spasmes : \u00ab Lili ! Aide-moi ! Je ne sais pas nager ! \u00bbMais Lili ne bougea pas d\u2019un millim\u00e8tre pour tendre la main. Elle pencha l\u00e9g\u00e8rement la t\u00eate, observant la d\u00e9tresse de la vieille femme comme un entomologiste \u00e9tudierait l\u2019agonie d\u2019un insecte \u00e9pingl\u00e9. Le silence du jardin n\u2019\u00e9tait plus troubl\u00e9 que par le clapotis fr\u00e9n\u00e9tique de la noyade et le souffle court d\u2019H\u00e9l\u00e8ne. Puis, avec une lenteur calcul\u00e9e, Lili fit un pas en avant. Le bruit sec de son escarpin r\u00e9sonna sur le marbre. Elle leva sa jambe fine et, sans la moindre h\u00e9sitation, appuya de tout son poids la pointe m\u00e9tallique de son talon aiguille directement sur les phalanges d\u00e9couvertes de la main d\u2019H\u00e9l\u00e8ne.Un craquement \u00e9touff\u00e9 r\u00e9pondit \u00e0 la pression violente. La douleur fut si aigu\u00eb, si foudroyante, qu\u2019H\u00e9l\u00e8ne poussa un hurlement muet, l\u00e2chant imm\u00e9diatement prise. La plante de l\u2019escarpin \u00e9crasa la peau fragile, laissant une marque sanglante sur la pierre. Lili se laissa aller \u00e0 un rire cristallin, un \u00e9clat de voix m\u00e9prisant qui r\u00e9sonna dans la nuit ti\u00e8de. Pench\u00e9e vers la figure qui s\u2019enfon\u00e7ait de nouveau sous la surface, elle murmura d\u2019une voix empreinte d\u2019une haine recuite : \u00ab Tu ne m\u00e9rites aucune piti\u00e9 ! \u00bbC\u2019est \u00e0 cet instant pr\u00e9cis, alors que la silhouette d\u2019H\u00e9l\u00e8ne glissait irr\u00e9m\u00e9diablement vers le fond de la piscine, qu\u2019une silhouette masculine franchit l\u2019arche de pierre menant \u00e0 l\u2019all\u00e9e principale du jardin. Julien, le fils d\u2019H\u00e9l\u00e8ne et le mari de Lili, arrivait le c\u0153ur l\u00e9ger. \u00c2g\u00e9 d\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es, v\u00eatu d\u2019un costume sur mesure d\u2019une coupe irr\u00e9prochable, il tenait \u00e0 la main un somptueux bouquet de pivoines blanches et de roses fra\u00eeches, pr\u00e9par\u00e9 pour c\u00e9l\u00e9brer l\u2019anniversaire de rencontre du couple. Son visage, \u00e9clair\u00e9 par un sourire tendre, se figea instantan\u00e9ment lorsque son regard balaya la sc\u00e8ne.Le temps sembla s\u2019arr\u00eater. Le bouquet glissa de ses doigts engourdis. Les fleurs frapp\u00e8rent le sol dans un ralentissement presque irr\u00e9el ; les pivoines s\u2019\u00e9parpill\u00e8rent, leurs p\u00e9tales d\u2019un blanc pur se d\u00e9tachant sous l\u2019impact pour aller flotter sur les dalles humides. Julien resta p\u00e9trifi\u00e9, le regard fix\u00e9 sur l\u2019escarpin encore lev\u00e9 de sa femme, sur la flaque de sang au bord du bassin, et sur le corps sans d\u00e9fense de sa m\u00e8re qui s\u2019immobilisait sous l\u2019eau claire. L\u2019incompr\u00e9hension initiale qui se lisait sur ses traits s\u2019effa\u00e7a pour faire place \u00e0 une stupeur horrifi\u00e9e, puis \u00e0 une transformation monstrueuse. Ses m\u00e2choires se crisp\u00e8rent avec une telle force que les muscles de ses tempes saillirent, ses poings se ferm\u00e8rent \u00e0 en devenir blancs, et une col\u00e8re volcanique, d\u00e9vastatrice, s\u2019alluma dans ses yeux.Pourtant, cette sc\u00e8ne effroyable, grav\u00e9e dans l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re d\u2019une poign\u00e9e de secondes, n\u2019\u00e9tait que l\u2019aboutissement d\u2019un engrenage v\u00e9n\u00e9neux patiemment tiss\u00e9 depuis des mois au sein de la demeure des Saint-Germain.Pour comprendre comment une telle sauvagerie avait pu s\u2019inviter dans ce cadre d\u2019une \u00e9l\u00e9gance parfaite, il fallait remonter aux origines de l\u2019arriv\u00e9e de Lili dans cette famille. Issue d\u2019un milieu modeste mais dot\u00e9e d\u2019une intelligence remarquable et d\u2019une beaut\u00e9 envo\u00fbtante, la jeune femme avait fait irruption dans la vie de Julien Saint-Germain alors que celui-ci traversait une p\u00e9riode de doute professionnel. H\u00e9ritier d\u2019un empire industriel sp\u00e9cialis\u00e9 dans l\u2019horlogerie de luxe et l\u2019immobilier de prestige, Julien avait toujours v\u00e9cu sous la coupe r\u00e9gl\u00e9e d\u2019une m\u00e8re protectrice, omnipr\u00e9sente et formidablement manipulatrice.H\u00e9l\u00e8ne Saint-Germain n\u2019\u00e9tait pas simplement une femme riche ; elle \u00e9tait le pilier central de la dynastie. Depuis la mort pr\u00e9matur\u00e9e de son \u00e9poux vingt ans plus t\u00f4t, elle avait dirig\u00e9 les affaires familiales d\u2019une main de fer dissimul\u00e9e dans un gant de velours. Pour H\u00e9l\u00e8ne, son fils unique repr\u00e9sentait l\u2019avenir de la lign\u00e9e, et aucune femme n\u2019\u00e9tait jug\u00e9e assez noble, assez pure ou assez soumise pour partager sa vie. Lorsque Julien introduisit Lili dans le domaine familial, l&#8217;accueil d&#8217;H\u00e9l\u00e8ne fut d&#8217;une politesse glaciale. Derri\u00e8re les sonrires de fa\u00e7ade et les d\u00eeners de gala, une guerre souterraine s\u2019\u00e9tait imm\u00e9diatement d\u00e9clar\u00e9e entre la matriarche et la future mari\u00e9e.H\u00e9l\u00e8ne avait tout fait pour briser cette union. Elle avait engag\u00e9 des d\u00e9tectives priv\u00e9s pour fouiller le pass\u00e9 de Lili, esp\u00e9rant y d\u00e9nicher un scandale, une ombre, une faille exploitable. Mais Lili avait anticip\u00e9 chaque coup. Le pass\u00e9 de la jeune femme avait \u00e9t\u00e9 m\u00e9ticuleusement r\u00e9\u00e9crit, nettoy\u00e9 de toute impuret\u00e9. Constatant l\u2019\u00e9chec de ses enqu\u00eates, H\u00e9l\u00e8ne avait alors chang\u00e9 de strat\u00e9gie : elle avait entrepris d&#8217;humilier insidieusement sa belle-fille lors de r\u00e9unions mondaines, soulignant avec une fausse bienveillance ses l\u00e9gers manques de culture bourgeoise, critiquant son go\u00fbt vestimentaire, ou sugg\u00e9rant \u00e0 demi-mot devant les investisseurs que Lili n&#8217;\u00e9tait qu&#8217;une aventuri\u00e8re attir\u00e9e par la fortune des Saint-Germain.Mais Lili n\u2019\u00e9tait pas une victime. Sous son air docile et ses sourires d\u2019ange se cachait une ambition d\u00e9vorante et une capacit\u00e9 de ressentiment sans limites. Elle n\u2019aimait pas Julien ; elle aimait ce qu\u2019il repr\u00e9sentait : le pouvoir, l\u2019impunit\u00e9, la fortune in\u00e9puisable. Elle avait appris \u00e0 jouer le r\u00f4le de la femme aimante et d\u00e9vou\u00e9e \u00e0 la perfection, apaisant les doutes de son mari d\u00e8s qu\u2019il rentrait \u00e9puis\u00e9 par les conseils d\u2019administration. Elle murmurait \u00e0 l\u2019oreille de Julien, lui faisant croire que sa m\u00e8re cherchait \u00e0 le infantiliser, \u00e0 contr\u00f4ler sa vie d\u2019homme, \u00e0 saper son autorit\u00e9 au sein de l\u2019entreprise. Graduellement, un foss\u00e9 invisible s\u2019\u00e9tait creus\u00e9 entre le fils et la m\u00e8re, sapant une affection s\u00e9culaire au profit d\u2019une m\u00e9fiance toxique.Cependant, un \u00e9l\u00e9ment nouveau avait fait basculer la guerre froide dans une dimension mortelle quelques semaines plus t\u00f4t. H\u00e9l\u00e8ne, sentant son emprise glisser, avait menac\u00e9 de modifier son testament. Lors d\u2019une confrontation secr\u00e8te dans le grand salon de la villa, \u00e0 l\u2019abri des regards de Julien, la vieille dame avait ass\u00e9n\u00e9 ses v\u00e9rit\u00e9s \u00e0 Lili : elle avait enfin d\u00e9couvert le secret que la jeune femme dissimulait avec tant de soin. Lili n\u2019\u00e9tait pas l\u2019orpheline sans histoire qu\u2019elle pr\u00e9tendait \u00eatre ; elle \u00e9tait la fille d\u2019un ancien associ\u00e9 du p\u00e8re de Julien, un homme que la famille Saint-Germain avait jadis ruine et pouss\u00e9 au faillite puis au suicide dans les ann\u00e9es deux mille.La vengeance de Lili n\u2019\u00e9tait pas seulement financi\u00e8re ; elle \u00e9tait existentielle. Elle \u00e9tait revenue pour reprendre ce qu\u2019elle estimait \u00eatre son d\u00fb et d\u00e9truire la dynastie qui avait an\u00e9anti sa propre enfance.\u00ab Demain \u00bb, avait d\u00e9clar\u00e9 H\u00e9l\u00e8ne ce soir-l\u00e0 avec un sourire venimeux, \u00ab je montre les preuves document\u00e9es \u00e0 Julien. Le cabinet d\u2019avocats a d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9par\u00e9 les papiers pour annuler le mariage et te d\u00e9sh\u00e9riter compl\u00e8tement de la succession. Tu repartiras d\u2019ici sans un centime, exactement comme tu y es entr\u00e9e. \u00bbCe chantage irr\u00e9vocable avait scell\u00e9 le sort d\u2019H\u00e9l\u00e8ne. Lili savait qu\u2019elle ne pouvait pas se permettre de laisser la matriarche parler \u00e0 son fils. Il fallait agir vite, sans \u00e9veiller les soup\u00e7ons, en profitant de la fragilit\u00e9 physique d\u2019H\u00e9l\u00e8ne et de son horreur panique de l\u2019eau. Lili avait soigneusement observ\u00e9 les habitudes de sa belle-m\u00e8re. Chaque soir de canicule, H\u00e9l\u00e8ne avait coutume de marcher seule le long du bassin pour profiter de la fra\u00eecheur nocturne avant de se retirer dans ses appartements. Il avait suffi de d\u00e9sactiver discr\u00e8tement les cam\u00e9ras de surveillance ext\u00e9rieures sous pr\u00e9texte d\u2019une maintenance technique, d&#8217;attendre que les domestiques soient cong\u00e9di\u00e9s pour la nuit, et de pousser la vieille femme d\u2019un geste sec et pr\u00e9cis dans le pi\u00e8ge liquide.Le silence qui suivit la chute du bouquet de fleurs dans le jardin \u00e9tait plus lourd que le tonnerre. Julien se tenait l\u00e0, immobile comme une statue de marbre, ses yeux oscillant entre la piscine o\u00f9 le corps de sa m\u00e8re s&#8217;enfon\u00e7ait irr\u00e9m\u00e9diablement et le visage de son \u00e9pouse.Lili, surprise par l&#8217;arriv\u00e9e pr\u00e9matur\u00e9e de son mari, ne laissa pourtant transpara\u00eetre aucune panique imm\u00e9diate. Son esprit calculateur repensa l&#8217;\u00e9chiquier en une fraction de seconde. Elle laissa son visage se d\u00e9composer artificiellement, repoussant l&#8217;escarpin coupable en arri\u00e8re, et laissa tomber ses bras le long de son corps dans une posture d&#8217;impuissance feinte. Elle tenta d&#8217;ajuster son expression pour mimer l&#8217;horreur, esp\u00e9rant r\u00e9\u00e9crire le drame sous les yeux de l&#8217;homme qu&#8217;elle croyait contr\u00f4ler :\u00ab Julien ! \u00bb cria-t-elle, d&#8217;une voix soudainement bris\u00e9e par des sanglots surjou\u00e9s. \u00ab Mon dieu, Julien ! Elle a gliss\u00e9&#8230; J&#8217;ai essay\u00e9 de la retenir, mais elle m&#8217;a griff\u00e9e, j&#8217;ai paniqu\u00e9 ! \u00bbMais la com\u00e9die ne prenait plus.Julien n\u2019\u00e9tait pas seulement le fils soumis ou le mari aveugl\u00e9 qu\u2019elles avaient tous deux fa\u00e7onn\u00e9. Il avait vu. Il avait vu la pr\u00e9cision du geste. Il avait vu le talon s\u2019enfoncer sciemment dans la chair de sa m\u00e8re. Il avait entendu le rire m\u00e9prisant, cet \u00e9clat de haine pure qui avait bris\u00e9 l\u2019atmosph\u00e8re paisible de la nuit. Le voile d&#8217;illusion qui recouvrait son mariage depuis trois ans venait de se d\u00e9chirer brutalement, r\u00e9v\u00e9lant le monstre qu&#8217;il avait introduit dans sa vie.Sans prof\u00e9rer un seul mot, Julien s\u2019\u00e9lan\u00e7a. Il ne se jeta pas sur Lili, comme elle aurait pu l&#8217;esp\u00e9rer pour crier \u00e0 l&#8217;agression, mais fusa directement vers le rebord de la piscine. Il plongea tout habill\u00e9, le costume lourd s&#8217;impr\u00e9gnant instantan\u00e9ment d&#8217;eau, brisant la surface dans un fracas monumental. Sous l\u2019eau \u00e9clair\u00e9e par les projecteurs, il attrapa le corps inerte de sa m\u00e8re par la taille et la remonta \u00e0 la surface avec une force d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e.Il la hissa sur le marbre tremp\u00e9, s\u2019agrippant lui-m\u00eame au rebord. H\u00e9l\u00e8ne ne respirait plus. Son visage \u00e9tait d\u2019une p\u00e2leur spectrale, ses l\u00e8vres bleuies, et sur sa main droite, les marques de la stiletto de Lili laissaient perler un filet de sang sombre qui se m\u00e9langeait \u00e0 l\u2019eau du bassin. Julien se mit \u00e0 genoux, ignorant la br\u00fblure du chlore dans ses yeux, et commen\u00e7a fr\u00e9n\u00e9tiquement un massage cardiaque.\u00ab Maman ! Maman, reste avec moi ! \u00bb hurlait-il, alternant les compressions thoraciques et le souffle du bouche-\u00e0-bouche, sa voix bris\u00e9e par un m\u00e9lange d&#8217;angoisse et de culpabilit\u00e9 d\u00e9vorante.Lili, rest\u00e9e en retrait pr\u00e8s du massif de pivoines \u00e9cras\u00e9es, observait la sc\u00e8ne. Sa posture venait de changer. Comprenant que le masque \u00e9tait d\u00e9finitivement tomb\u00e9, elle abandonna toute tentative de simulation. Elle redressa sa taille fine, ajusta d&#8217;un geste machinal les bretelles de sa robe noire et observa son mari avec un m\u00e9pris d\u00e9sormais assum\u00e9. La panique ne l&#8217;habitait pas ; seul r\u00e9sonnait en elle le calcul froid des cons\u00e9quences juridiques et financi\u00e8res.\u00ab C&#8217;est inutile, Julien \u00bb, dit-elle d&#8217;une voix calme, presque d\u00e9tach\u00e9e, qui traversa le bruit des \u00e9claboussures et des sanglots. \u00ab Elle est partie. Et m\u00eame si elle survivait, ce domaine, cette entreprise, tout cela est d\u00e9j\u00e0 scell\u00e9. Tu devrais me remercier de t&#8217;avoir lib\u00e9r\u00e9 de cette tyrannie. \u00bbAu bout de deux minutes d&#8217;une lutte acharn\u00e9e contre la mort, un haut-le-c\u0153ur violent secoua le corps d&#8217;H\u00e9l\u00e8ne. La vieille femme cracha une grande quantit\u00e9 d&#8217;eau, inspirant une bouff\u00e9e d&#8217;air rauque et sifflante qui d\u00e9chira la nuit. Ses yeux s&#8217;entrouvrirent doucement, fixant le visage de son fils pench\u00e9 sur elle, baign\u00e9 de larmes. Elle \u00e9tait vivante.Julien la serra contre lui avec une tendresse infinie, avant de reporter son regard sur Lili. La col\u00e8re qui br\u00fblait en lui n&#8217;\u00e9tait plus un incendie d\u00e9sordonn\u00e9 ; c&#8217;\u00e9tait une glace absolue, une d\u00e9termination meurtri\u00e8re. Il se releva lentement, l&#8217;eau ruisselant de son costume de prix, cr\u00e9ant une flaque sombre autour de ses souliers.\u00ab Tu penses avoir tout pr\u00e9vu, Lili ? \u00bb murmura Julien, d&#8217;une voix si basse et venimeuse qu&#8217;elle fit tressaillir la jeune femme pour la premi\u00e8re fois.Julien porta la main \u00e0 la poche int\u00e9rieure de sa veste tremp\u00e9e et en retira un petit bo\u00eetier noir \u00e9tanche. Il appuya sur un bouton lat\u00e9ral. Un voyant vert s\u2019alluma.\u00ab Le syst\u00e8me de cam\u00e9ras du jardin que tu as cru d\u00e9sactiver cet apr\u00e8s-midi \u00e9tait l&#8217;ancien r\u00e9seau \u00bb, continua-t-il en avan\u00e7ant pas \u00e0 pas vers elle. \u00ab J&#8217;ai fait installer un nouvel \u00e9quipement autonome \u00e0 haute d\u00e9finition la semaine derni\u00e8re, reli\u00e9 directement aux serveurs de notre cabinet d&#8217;avocats et \u00e0 la police. Tout a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9. La tentative de meurtre, la cruaut\u00e9, tes paroles. \u00bbLe visage de Lili se d\u00e9composa instantan\u00e9ment. La superbe assurance qui l&#8217;animait s&#8217;effondra comme un ch\u00e2teau de cartes. Elle fit un pas en arri\u00e8re, mais ses talons gliss\u00e8rent sur le sol mouill\u00e9.Au m\u00eame moment, au loin, le son strident des sir\u00e8nes de police commen\u00e7a \u00e0 d\u00e9chirer le silence de la nuit, se rapprochant rapidement des grilles du domaine. Julien ne la quitta pas des yeux, un sourire glacial dessinant enfin ses l\u00e8vres alors qu&#8217;il d\u00e9signait les fleurs \u00e9cras\u00e9es au sol :\u00ab Les fleurs n&#8217;\u00e9taient pas pour notre anniversaire, Lili. C&#8217;\u00e9tait pour te dire que les d\u00e9tectives de ma m\u00e8re m&#8217;avaient tout transmis ce matin. Je voulais juste voir jusqu&#8217;o\u00f9 tu irais. Tu as perdu. \u00bbLili resta fig\u00e9e, pi\u00e9g\u00e9e au bord de cette m\u00eame piscine, alors que les lueurs bleues des gyrophares \u00e9clairaient d\u00e9sormais les murs hauts de la propri\u00e9t\u00e9, marquant le d\u00e9but de sa descente aux enfers.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le jardin de la propri\u00e9t\u00e9 de la famille Saint-Germain s\u2019\u00e9tendait comme un sanctuaire d\u2019opulence et d\u2019illusion, dissimul\u00e9 derri\u00e8re d\u2019imposantes grilles en fer forg\u00e9 \n<a class=\"moretag\" href=\"https:\/\/storyforyou.fun\/?p=2710\"> [...]<\/a>","protected":false},"author":1,"featured_media":2711,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-2710","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-1"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2710","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2710"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2710\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2712,"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2710\/revisions\/2712"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2711"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2710"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2710"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/storyforyou.fun\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2710"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}